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AUTUN

Cathédrale

Saint-Lazare

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Accueil L'intérieur de l'édifice Le portail latéral et le mausolée de Saint-Lazare démantelés

 

 

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Si nous avons le bonheur de pouvoir apprécier l’admirable tympan du portail du Jugement dernier réalisé par Gislebertus, nous le devons aux chanoines qui administraient la cathédrale au XVIIIe siècle. Comme ceux-ci trouvaient l’œuvre disgracieuse, ils la firent disparaître derrière un voile de plâtre, décapitant, par la même occasion la tête proéminente du Christ. Cette « mise à l’ombre » lui fut salutaire.

Le tympan d’Autun survécut ainsi à l’ire des révolutionnaires qui en ignoraient son existence. Il fut mis au jour et dégagé au siècle suivant, en 1837 précisément.

 

La cathédrale d’Autun participe du cercle très fermé des églises romanes à tympan majeur comme Vézelay, Conques, Beaulieu-sur-Dordogne ou Moissac.

Gislebertus nous propose une version personnalisée du Jugement dernier qui fait la part belle au peuple des élus. Le bien l’emporte sur le mal.

Certes les diables sont grimaçants ; jamais ils n’atteignent le degré de laideur et d’abomination rencontré à Conques. Ici, ils occupent la portion congrue du tympan.

Plein centre, le Christ majestueux les bras largement ouverts, dans sa mandorle portée par quatre anges, occupe toute la hauteur du tympan. Il a récupéré sa tête originale en 1947. 

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A ses pieds, inscrit sur le bandeau supérieur du linteau, la signature du maître : GISLEBERTUS HOC FECIT.

 

Le linteau accueille le long cortège des ressuscités. Un ange armé d’une épée (3) procède, avant même le jugement céleste, au partage entre élus et réprouvés. Pour appuyer le message, le Maître a gravé dans la pierre sur le bandeau supérieur du linteau, les deux commentaires suivants :

"C’est ainsi que ressuscitera quiconque ne sera victime d’une vie de péché – pour lui brillera sans fin la lumière du jour" et "Que semblable terreur terrifie ceux que détient l'erreur terrestre – car l’horreur de ces images annonce ce qui les attend".

 

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Sur la partie gauche du linteau, les braves gens défilent le regard tourné vers le haut en direction du Seigneur. Au milieu de personnages anonymes, on y reconnaît deux hommes d’église (1), probablement des abbés avec leur crosse, un pèlerin de Jérusalem avec une croix sur son sac et un pèlerin de saint Jacques de Compostelle avec une coquille sur sa besace (2). Légers et confiants, ils se rendent, en ordre rangé, dans la Jérusalem céleste.

Sur la partie droite du linteau, la cohorte des pénitents fait peine à voir. Nous y reconnaissons l’avare, l’ivrogne et son tonneau et la dévoyée (5) dévorée par deux serpents. Les uns se couvrent le visage, les autres affichent une résignation de circonstance (4).

 

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Une paire de mains géantes, telles les mâchoires d’une pelle mécanique, plonge dans le monde terrestre pour extraire de sa tombe un ressuscité terrorisé.

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Au dessus, le maître a représenté la scène de la pesée des âmes. La balance penche irrévocablement du côté de l’archange Saint-Michel malgré les efforts désespérés déployés par un diable longiligne à l’allure dégingandée pour inverser la tendance.

 

En regard, sur le flanc droit du Christ, les fidèles de la première heure – les apôtres - forment une grappe humaine, le regard dirigé vers le Christ à l’exception de saint Pierre, muni d’une énorme clé, qui lui tourne le dos pour accompagner un élu au Paradis. Les deux personnages représentés dans l’écoinçon supérieur droit seraient les prophètes Enoch et Elie. Marie est représentée dans l’écoinçon supérieur gauche avec un ange à ses côtés.

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