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romane
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Côte
d'Or (21)
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Selon
la tradition, St Andoche, prêtre éponyme grec, évangélisa la région
de Saulieu avec deux de ses compagnons. Porté au rang de martyr, ses reliques firent l’objet d’une grande vénération. Une
communauté monastique fut fondée sur place et organisa notamment
l’accueil des pèlerins, de plus en plus nombreux, au rang desquels on
compta Clovis, Ste Clotilde et Charlemagne en personne.
Au
milieu du VIIIe siècle, l’abbaye fut dévastée par les Sarrasins.
La construction de l’édifice roman remonte au début du XIIe siècle,
mais une datation précise est peu aisée. L’unique
référence chronologique, le 21 décembre 1119, correspond à la consécration
de l’église par le Pape Calixte II. |

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Amputée
de son chœur par les Anglais au cours de la guerre de Cent Ans et altérée
au XIXe par la reconstitution du portail sculpté de la façade ouest
à partir de quelques fragments, elle conserve néanmoins une nef romane
de six travées de type clunisien à trois étagements. |
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L’ordonnancement
de la structure de la nef est un modèle de limpidité : la travée-type
est composée d’une grande arcade en cintre brisé surmontée d’un
faux triforium à quatre arcatures aveugles et d’une fenêtre haute en
plein cintre au troisième niveau. La voûte de la nef centrale est en
berceau brisé.
Raymond
Oursel résume superbement l’ensemble de la manière suivante :
« Tout
se passe comme si, le classicisme clunisien s’était encore décanté
jusqu’à l’ultime simplification technique, de telle sorte qu’il
n’en demeurât que cette incomparable science d’organiser l’espace
sans le saturer, grâce au découpage puissamment rationnel des champs et
des plans. » |
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La
grande sobriété architecturale de l’ensemble rappelant la
simplicité du répertoire cistercien, met en valeur, par contraste,
les chapiteaux sculptés qui se découpent avec une précision et un
relief extraordinaires.
La grande majorité des
chapiteaux relève du répertoire végétal (acanthes, feuilles de
charme, fougères…) ou animalier (chouette, aigles, ours, coqs…).
On peut s’étonner que, sur la cinquantaine de chapiteaux de la
nef, cinq seulement soient consacrés à des épisodes de la Bible.
Le
plus notoire d’entre eux, tiré de l’Ancien Testament,
représente la scène du devin Balaam, juché sur son
ânesse, arrêté par un ange brandissant son épée. |
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Le
sculpteur a utilisé deux techniques dans la réalisation des chapiteaux :
le méplat et le haut-relief.
Les
feuilles de charme, le
combat de coqs, la Tentation du Christ ou encore
l’Apparition à Madeleine ont été travaillés avec un modelé léger
des formes sur la corbeille du chapiteau.
A
l’opposé, le chapiteau
consacré au devin Balaam ou celui aux volutes d’acanthe
terminées par des visages humains grotesques qui jaillissent
de la pierre sont de remarquables exemples de sculpture en haut-relief
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Le
mot de la fin reviendra à Raymond Oursel :
« Plastiquement,
c’est un sculpteur de premier plan. Ses chapiteaux sont certainement
parmi les premiers de son temps. Religieusement, l’Apparition à
Madeleine suffit à montrer qu’il a gravi certains sommets – insoupçonnés
de tant d’autres ! – et, dans ses œuvres de maîtrise, il reste
encore plus sacré que maints artistes dits religieux, dits chrétiens. » |

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