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Nièvre (58)

 

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L’église de Saint-Révérien, telle que nous la voyons aujourd’hui, a connu une histoire mouvementée. A l’origine, Reverianus, missionnaire itinérant en charge d’évangéliser le territoire des Eduens aurait subi la décollation à cet endroit.

Sur le site actuel de l’église se sont succédé un oratoire, une cella puis un monastère qui dépendit tour à tour des diocèses d’Autun, de Nevers et, en 1055 de la prestigieuse abbaye de Cluny. Il ne reste rien des bâtiments de cette époque car l’église et les dépendances conventuelles furent reconstruites au XIIe siècle. L’église, qui subsiste aujourd’hui, a été profondément remaniée suite à un grave incendie en 1723, qui ravagea la nef et la tour-clocher qui s’élevait sur la première travée du chœur.

 

L’église a été classée au titre des Monuments Historiques  en 1958.

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Les travaux de reconstruction de la nef ont démarré dès 1725. Quelques pièces maîtresses de l’ancien édifice, comme les deux grands anges enveloppés dans deux paires d’ailes repliées de l’ancien portail roman, lovés dans l’intrados de la voussure ont pu être récupérés et réutilisés.

L’église possède une nef haute à six travées, qui se poursuit sans transition par un chœur à trois travées couronné par un hémicycle délimitant le déambulatoire voûté d’arêtes dans le prolongement des bas-côtés.

A l’intérieur, l’alignement de piles circulaires alternant avec des massifs carrés à colonnes engagées canalise le regard vers l’hémicycle baigné de lumière.

 

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Le déambulatoire s’ouvre sur trois chapelles rayonnantes ajourées. Des colonnettes surmontées de petits chapiteaux reconstruits pour la plupart, encadrent les ouvertures. Les motifs se résument essentiellement à des feuillages ou des animaux, tel le lion solaire ci-dessus.

En revanche, le chœur et le déambulatoire présentent un ensemble remarquable de chapiteaux d’une grande diversité et d’une grande richesse iconographique.

L’un d’entre eux, consacré au cycle de la vie de Jacob représente :

-         le songe de l’échelle céleste ;

-         Jacob béni par son père Isaac entre sa mère Rebecca et son frère Ésaü ;

-         la lutte contre l’ange.

Sur la quatrième face de la corbeille du chapiteau, un cavalier porte une coupe. Il est souvent identifié au roi David dans la littérature autorisée bien que sa présence dans un cycle dédié à Jacob semble insolite. Dans la logique, on pourrait plutôt y voir une représentation du départ de Jacob vers l’Egypte où il ira rejoindre son fils Joseph pour y bénir toute sa descendance.

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D’autres thèmes iconographiques des chapiteaux du chœur et du déambulatoire sont tirés de l’Ancien et du Nouveau Testament comme notamment :

-         une représentation du paradis où trois personnages se tiennent sous une arcade portant l’inscription PARADISUS, surmontée de  la Jérusalem céleste ;

-         la pesée des âmes où une main divine sortant d’un nuage tient la balance ;

-         la réveil des morts au son des trompes ;

-         David jouant d’un instrument à cordes (rebec) entouré de trois personnages ;

-         Une représentation de l’enfer où la gueule monstrueuse aux dents acérées du Léviathan engloutit les damnés enfournés par d’affreux démons cornus.

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Les autres chapiteaux traitent principalement des thèmes empruntés au bestiaire roman ainsi qu’au règne végétal et animal, traités parfois avec une imagination débridée. Ainsi ce reptile ailé à pattes d’oiseau qui se mord la queue dans un gracieux mouvement circulaire ou ces deux lions dressés sur leurs pattes arrière tenant dans leur gueule, chacun par une patte, un malheureux volatile nocturne.

 

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