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Nièvre
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L’église de Saint-Révérien,
telle que nous la voyons aujourd’hui, a connu une histoire mouvementée.
A l’origine, Reverianus, missionnaire itinérant en charge d’évangéliser
le territoire des Eduens aurait subi la décollation à cet endroit.
Sur le site actuel de
l’église se sont succédé un oratoire, une cella puis un monastère
qui dépendit tour à tour des diocèses d’Autun, de Nevers et, en
1055 de la prestigieuse abbaye de Cluny. Il ne reste rien des bâtiments
de cette époque car l’église et les dépendances conventuelles
furent reconstruites au XIIe siècle. L’église, qui subsiste
aujourd’hui, a été profondément remaniée suite à un grave
incendie en 1723, qui ravagea la nef et la tour-clocher qui s’élevait
sur la première travée du chœur.
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Les travaux de reconstruction de la nef ont démarré
dès 1725. Quelques pièces maîtresses de l’ancien édifice, comme
les deux grands anges enveloppés dans deux paires d’ailes repliées
de l’ancien portail roman, lovés dans l’intrados de la voussure ont
pu être récupérés et réutilisés.
L’église possède une
nef haute à six travées, qui se poursuit sans transition par un chœur
à trois travées couronné par un hémicycle délimitant le
déambulatoire voûté d’arêtes dans le prolongement des bas-côtés.
A l’intérieur,
l’alignement de piles circulaires alternant avec des massifs carrés
à colonnes engagées canalise le regard vers l’hémicycle baigné de
lumière.
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| Le déambulatoire
s’ouvre sur trois chapelles rayonnantes ajourées. Des colonnettes
surmontées de petits chapiteaux reconstruits pour la plupart, encadrent
les ouvertures. Les motifs se résument essentiellement à des
feuillages ou des animaux, tel le lion solaire ci-dessus.
En revanche, le chœur
et le déambulatoire présentent un ensemble remarquable de chapiteaux
d’une grande diversité et d’une grande richesse iconographique.
L’un d’entre eux,
consacré au cycle de la vie de Jacob représente :
-
le songe de l’échelle céleste ;
-
Jacob béni par son père Isaac entre sa mère Rebecca et
son frère Ésaü ;
-
la lutte contre l’ange.
Sur la quatrième face
de la corbeille du chapiteau, un cavalier porte une coupe. Il est
souvent identifié au roi David dans la littérature autorisée bien que
sa présence dans un cycle dédié à Jacob semble insolite. Dans la
logique, on pourrait plutôt y voir une représentation du départ de
Jacob vers l’Egypte où il ira rejoindre son fils Joseph pour y bénir
toute sa descendance.
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D’autres
thèmes iconographiques des chapiteaux du chœur et du déambulatoire
sont tirés de l’Ancien et du Nouveau Testament
comme notamment :
-
une représentation du paradis où trois personnages se
tiennent sous une arcade portant l’inscription PARADISUS, surmontée
de la Jérusalem céleste ;
-
la pesée des âmes où une main divine sortant d’un
nuage tient la balance ;
-
la réveil des morts au son des trompes ;
-
David jouant d’un instrument à cordes (rebec) entouré
de trois personnages ;
-
Une représentation de l’enfer où la gueule monstrueuse
aux dents acérées du Léviathan engloutit les damnés enfournés par d’affreux
démons cornus.
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Les autres chapiteaux
traitent principalement des thèmes empruntés au bestiaire roman ainsi
qu’au règne végétal et animal, traités parfois avec une
imagination débridée. Ainsi ce reptile ailé à pattes d’oiseau qui
se mord la queue dans un gracieux mouvement circulaire ou ces deux lions
dressés sur leurs pattes arrière tenant dans leur gueule, chacun par
une patte, un malheureux volatile nocturne. |
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