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Saône-et-Loire
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La
haute silhouette du clocher annonce sa présence de loin. Elle a fière
allure cette tour octogonale ouverte à tous les vents. Ses trois niveaux
ajourés de baies géminées lui confèrent une insolente élégance.
Il faut remonter à l’époque
carolingienne, en 876, pour trouver trace de la fondation du monastère
d’Anzy-le-Duc. Hugues de Poitiers, moine de l’abbaye de saint Martin
d’Autun en fut l’un des premiers prieurs. Son travail et sa vie furent
exemplaires et eurent un rayonnement au-delà du pays brionnais. Ses
reliques firent l’objet d’une grande vénération et attirèrent des
foules importantes de pèlerins, rendant nécessaire la construction
d’une nouvelle église plus vaste et plus appropriée pour leur accueil.
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| L’église fut édifiée en
plusieurs phases s’échelonnant du XIe au début du XIIe siècle.
L’analyse des maçonneries indique clairement que le chevet et le
transept ont été construits lors d’une première campagne au XIème siècle
alors que la nef a été élevée ultérieurement (début XIIe). |
| Le
plan de l’édifice est en forme de croix latine. Ce vaisseau harmonieux
est composé d’une nef principale à cinq travées voûtée d’arêtes
séparées par des arcs doubleaux et de deux collatéraux barrés par un
transept saillant. Le chœur et les bras du transept sont couronnés de
cinq absidioles échelonnées. Sous le chœur, la crypte, construction
primitive du sanctuaire qui a abrité les reliques de Hugues de Poitiers
jusqu’au XVIe siècle, est à nouveau accessible après une longue période
au cours de laquelle son ancien propriétaire s’en servait de
………... cave à vins !!! |

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L’église
d’Anzy-le-Duc n’a pas échappé aux exactions perpétrées au cours de
la Révolution. L’iconographie du portail occidental en garde de
profonds stigmates. Les personnages du linteau, les vieillards représentés
sur une des voussures, le Christ et les anges du tympan ont été mutilés
« par un habitant de la commune à qui l’on donna, durant la Révolution,
une modique prime de trois sols pour chaque tête abattue ».
En 1808, quatre habitants
d’Anzy rachetèrent l’église priorale. Altruisme ou cupidité ?
Etait-ce pour la sauver de la ruine ou pour faire commerce de cet
extraordinaire gisement de pierres de taille ?
Dans les années qui
suivirent, les habitants décidèrent de faire de cet édifice, l’église
paroissiale. Un échange intervint. Nos quatre bienfaiteurs héritèrent
de l’ancienne église du village qui était située en contrebas, près
du cimetière. Aujourd’hui, il ne reste plus rien de cet édifice !!! |
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Le
décor sculpté, intérieur et extérieur, est absolument remarquable par
sa richesse, sa profusion, sa cohésion et son état de conservation. Il
forme un ensemble d’une valeur esthétique très intéressante.
Tout d’abord, au portail
occidental, un Christ sur son trône de gloire, auréolé d’un nimbe
crucifère, accueille les fidèles. Il apparaît en majesté, sur toute la
hauteur du tympan, dans une mandorle portée avec grâce par deux anges
aux ailes déployés. Nous dénotons chez le sculpteur une grande maîtrise
et une belle dextérité dans la représentation du drapé du Christ. A
ses pieds, sur le linteau, le sculpteur a représenté la scène de
l’Ascension. Sur l’une des deux voussures, nous devinons les
vieillards de l’Apocalypse qui, à l’exception de trois d’entre eux,
ont été sérieusement endommagés. Ce travail est attribué aux
sculpteurs de l’atelier de Cluny III qui ont achevé la partie
occidentale d’Anzy-le-Duc.
Sur le flanc sud, une
multitude de modillons figuratifs représentant des monstres ou des
animaux, décore les
corniches de la nef et du collatéral. |
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A l’intérieur
de l’église, les chapiteaux sculptés abondent. Ils ont été exécutés
avec une grande finesse. Nombre d’entre eux sont à motif végétal ou
animalier : lions, oiseaux, feuilles d’acanthe, palmettes,
etc…Quelques chapiteaux figurés et historiés complètent le programme
iconographique. Dans la troisième travée (côté nord-face est), un
incroyable acrobate, prenant appui sur l’astragale se contorsionne sur
toute la corbeille. Le chapiteau d’en face (côté nord-face ouest) est
consacré au thème de l’Archange St Michel terrassant le dragon. Une scène
de l’ancien Testament est représentée dans la deuxième travée (côté
nord-face est) : Daniel dans la fosse aux lions. Dans la même travée
(côté sud-face ouest), le sculpteur nous livre une version allégorique
de la naissance d’Eve sortant de la côte d’Adam. |

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