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Saône-et-Loire (71)

 

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La haute silhouette du clocher annonce sa présence de loin. Elle a fière allure cette tour octogonale ouverte à tous les vents. Ses trois niveaux ajourés de baies géminées lui confèrent une insolente élégance.

Il faut remonter à l’époque carolingienne, en 876, pour trouver trace de la fondation du monastère d’Anzy-le-Duc. Hugues de Poitiers, moine de l’abbaye de saint Martin d’Autun en fut l’un des premiers prieurs. Son travail et sa vie furent exemplaires et eurent un rayonnement au-delà du pays brionnais. Ses reliques firent l’objet d’une grande vénération et attirèrent des foules importantes de pèlerins, rendant nécessaire la construction d’une nouvelle église plus vaste et plus appropriée pour leur accueil.

L’église fut édifiée en plusieurs phases s’échelonnant du XIe au début du XIIe siècle. L’analyse des maçonneries indique clairement que le chevet et le transept ont été construits lors d’une première campagne au XIème siècle alors que la nef a été élevée ultérieurement (début XIIe).

 

Le plan de l’édifice est en forme de croix latine. Ce vaisseau harmonieux est composé d’une nef principale à cinq travées voûtée d’arêtes séparées par des arcs doubleaux et de deux collatéraux barrés par un transept saillant. Le chœur et les bras du transept sont couronnés de cinq absidioles échelonnées. Sous le chœur, la crypte, construction primitive du sanctuaire qui a abrité les reliques de Hugues de Poitiers jusqu’au XVIe siècle, est à nouveau accessible après une longue période au cours de laquelle son ancien propriétaire s’en servait de ………... cave à vins !!!

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L’église d’Anzy-le-Duc n’a pas échappé aux exactions perpétrées au cours de la Révolution. L’iconographie du portail occidental en garde de profonds stigmates. Les personnages du linteau, les vieillards représentés sur une des voussures, le Christ et les anges du tympan ont été mutilés « par un habitant de la commune à qui l’on donna, durant la Révolution, une modique prime de trois sols pour chaque tête abattue ». 

En 1808, quatre habitants d’Anzy rachetèrent l’église priorale. Altruisme ou cupidité ? Etait-ce pour la sauver de la ruine ou pour faire commerce de cet extraordinaire gisement de pierres de taille ?

Dans les années qui suivirent, les habitants décidèrent de faire de cet édifice, l’église paroissiale. Un échange intervint. Nos quatre bienfaiteurs héritèrent de l’ancienne église du village qui était située en contrebas, près du cimetière. Aujourd’hui, il ne reste plus rien de cet édifice !!!

 

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Le décor sculpté, intérieur et extérieur, est absolument remarquable par sa richesse, sa profusion, sa cohésion et son état de conservation. Il forme un ensemble d’une valeur esthétique très intéressante.

Tout d’abord, au portail occidental, un Christ sur son trône de gloire, auréolé d’un nimbe crucifère, accueille les fidèles. Il apparaît en majesté, sur toute la hauteur du tympan, dans une mandorle portée avec grâce par deux anges aux ailes déployés. Nous dénotons chez le sculpteur une grande maîtrise et une belle dextérité dans la représentation du drapé du Christ. A ses pieds, sur le linteau, le sculpteur a représenté la scène de l’Ascension. Sur l’une des deux voussures, nous devinons les vieillards de l’Apocalypse qui, à l’exception de trois d’entre eux, ont été sérieusement endommagés. Ce travail est attribué aux sculpteurs de l’atelier de Cluny III qui ont achevé la partie occidentale d’Anzy-le-Duc.

Sur le flanc sud, une multitude de modillons figuratifs représentant des monstres ou des animaux,  décore les corniches de la nef et du collatéral.

 

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A l’intérieur de l’église, les chapiteaux sculptés abondent. Ils ont été exécutés avec une grande finesse. Nombre d’entre eux sont à motif végétal ou animalier : lions, oiseaux, feuilles d’acanthe, palmettes, etc…Quelques chapiteaux figurés et historiés complètent le programme iconographique. Dans la troisième travée (côté nord-face est), un incroyable acrobate, prenant appui sur l’astragale se contorsionne sur toute la corbeille. Le chapiteau d’en face (côté nord-face ouest) est consacré au thème de l’Archange St Michel terrassant le dragon. Une scène de l’ancien Testament est représentée dans la deuxième travée (côté nord-face est) : Daniel dans la fosse aux lions. Dans la même travée (côté sud-face ouest), le sculpteur nous livre une version allégorique de la naissance d’Eve sortant de la côte d’Adam.

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